La balade d’automne
L’automne est là comme chaque année.
La Seine moutonne sous le vent d’Ouest. Les arbres s’étiolent. Les feuilles jaunes arrachées par le vent tire-bouchonnent. Elles jonchent le sol et se fractionnent sous les rollers du patineur.
Ce soir d’une fin de semaine, je roule sans hâte le long des quais, rive gauche, rive droite. Pee ! Pong ! Pee ! Pong ! déboule en trompe une voiture de pompiers volant au secours d’une âme en détresse.
Ding ! Dong ! Dong ! Dong ! résonne le son du carillon d’une église proche rappelant les vêpres d’une époque révolue.
Sous un ciel de traîne, les nuages sont tourmentés et pommelés. Des images furtives de carte postale défilent et se succèdent comme dans un film. Le crépuscule tombe sur la ville, répand une lumière clair-obscure, entre chien et loup.
Et le vent d’Ouest soufflant par rafales soulève les feuilles sèches qui tourbillonnent. Elles raclent le sol, elles s’amoncellent de place en place le long des quais. Je roule sans hâte, l’air doux et frais, un soir d’automne.
Bernard