
Voici décembre et l’année touche à sa fin.
Le Louvre somnole dans la bise matinale.
Laissant derrière le quai des Grands Augustins,
Je roule sans but à travers la Capitale.
La Seine, indolente, coule ses eaux d’hiver.
Un bateau mouche se remet des tournées d’hier.
Quelques touristes égarés cherchent le chemin.
S’il vous plaît, c’est loin encore le quai des Célestins ?
Le coin des bouquinistes semble endormi.
Bientôt tout s’ouvrira et de nouveau la vie.
Le vent du Nord, au cime des arbres, frissonne.
Une feuille sèche frémit, tombre, tourbillonne.
La circulation des voitures reste clairsemée.
Sur les quais quasi déserts et embrumés,
Un coureur foule ses pas d’une course enhardie.
Quelques promeneurs enmitouflés ont l’air engourdis.
Surgit une belle et svelte silhouette qui passe.
Est-ce une illusion ou un simple fantasme ?
Oh ! non, c’est bien une patineuse devant moi.
Elle file à vive allure sans même me voir.
Nos chemins se croisent par un pur des hasards.
ô ! sublime image qui attire le regard,
Et dont la subite disparition tempère
Et les espoirs éphémères et les chimères.
L’horloge de l’Hôtel-de-Ville sonne dix heures.
Les badauds, çà et là, contemplent à l’oeuvre,
Sur la patinoire, la grande foule des patineurs,
Qui, de tous les âges, s’amusent l’air heureux.
Des marchands, aux quatre coins du Forum des Halles,
Avec leur cabane en bois peint et leurs étals,
Viennent s’intaller pour les fêtes de fin d’années
Et y créent une ambiance gaie et animée.
Le soir venu, ces endroits sont noirs de passants,
Flânant, bruyants, poussant, bousculant, s’enquérant,
Devant les stands gorgés de diverses marchandises,
De délicieux breuvages et de goumandises.
C’est Noel : on y vient chercher à faire des folies,
Des idées, des cadeaux, des étrennes pour la vie.
Alors s’élèvent comme une murmurre les sons
Du mélodieux refrain d’un vieille chanson
Petit papa Noel,
Quand tu descendras du ciel,
Avec les jouets par milliers,
N’oublie pas mon petit soulier.
Ces refrains qui rappellent nos heureux moments,
Dépoussièrent nos vieux souvenirs d’antan.
Ces ritournelles que l’on chantonne en sourdine
Et que susurre en moi une voix enfantine
Petit papy Noel,
Quand tu descendras du ciel,
Avec les jouets par milliers,
N’oublie pas mon petit rollier.
Bernard